La New Review, prenant texte du rcent voyage d'un littrateur clbre un sanctuaire religieux et des discussions qui se sont leves cette occasion, me demande mon opinion sur la faith-healing [1]. La question n'est pas de celles qui puissent me laisser indiffrent. Elle intresse d'ailleurs tout mdecin, le but essentiel de la mdecine tant la gurison des malades sans distinction dans le procd curatif mettre en uvre. Dans cet ordre d'ides, la faith-healing me parat tre l'idal atteindre, puisqu'elle opre souvent lorsque tous les autres remdes ont chou. C'est pourquoi, depuis longtemps, en prsence de certains cas dtermins, j'ai cherch, aprs bien d'autres, pntrer, autant que faire se peut, le mcanisme de sa production afin d'utiliser sa puissance, et c'est l'opinion que je me suis faite dans ces conditions que je vais exposer en quelques mots.
J'ajouterai qu'en pareille matire, comme en toute autre, il ne faut jamais se dpartir de la rigueur inhrente la discussion scientifique; les polmiques passionnes ne servent rien, si ce n'est tout embrouiller et compromettre les meilleures causes. Ce n'est pas par des affirmations sans preuves ou par des ngations sans fondements qu'on peut esprer rsoudre cette question de la faith-healing qui, je le rpte, appartient entirement l'ordre scientifique o les faits bien et sincrement tudis, groups en faisceau pour conclure, sont les seuls arguments que l'on puisse admettre.
Les faits que, dans ma pratique spciale dj longue, j'ai eu l'occasion d'observer ne sont pas isols, tant s'en faut, car la faith-healing et son aboutissant, le miracle, - sans attacher ce mot aucune autre signification que celle d'une gurison opre en dehors des moyens dont la mdecine curative semble disposer d'ordinaire, - rpondent une catgorie d'actes qui n'chappent pas l'ordre naturel des choses. Le miracle thrapeutique a son dterminisme, et les lois qui prsident sa gense et son volution commencent tre, sur plus d'un point, suffisamment connues pour que le groupe des faits qu'on englobe sous ce vocable se prsente avec une allure assez spciale pour ne pas chapper tout fait notre apprciation. Il y a tout lieu de s'en fliciter, d'ailleurs, puisque par la comprhension plus nette de ces dterminations nous mettons de plus en plus notre disposition les grandes ressources de la faith-healing et que, de ce fait, la maladie nous trouve de moins en moins dsarms devant elle.
Ce sont les lments eux-mmes de ce dterminisme que nous allons tudier. Leur groupement nous conduira une conclusion que je puis, du reste, donner immdiatement. La gurison, d'apparence particulire, produit direct de la faith-healing, que l'on appelle communment en thrapeutique du nom de miracle, est, on peut le dmontrer, dans la majorit des cas, un phnomne naturel qui s'est produit de tout temps, au milieu des civilisations et des religions les plus varies, en apparence les plus dissemblables, de mme qu'actuellement on l'observe sous toutes les latitudes. Les faits dits miraculeux, et je n'ai pas la prtention d'exprimer ici rien de bien neuf, ont un double caractre : ils sont engendrs par une disposition spciale de l'esprit du malade; une confiance, une crdibilit, une suggestibilit, comme on dit aujourd'hui, constitutives de la faith-healing dont la mise en mouvement est d'ordre variable. D'autre part, le domaine de la faith-healing est limit; pour produire ses effets, elle doit s'adresser des cas dont la gurison n'exige aucune autre intervention que cette puissance que possde l'esprit sur le corps, dont le Dr Hack Tuke a donn, dans son beau livre [2], une si remarquable analyse. Ses limites, aucune intervention n'est susceptible de les lui faire franchir, car nous ne pouvons rien contre les lois naturelles. On n'a jamais, par exemple, not, en compulsant les recueils consacrs aux gurisons dites miraculeuses, que la faith-healing ait fait repousser un membre amput. Par contre, c'est par centaines qu'on y trouve les gurisons de paralysies, mais je crois que celles-ci ont toujours t de la nature de celles que le professeur Russell Reynolds [3] a qualifies du terme gnral de paralysies dependent on idea.
Je sais bien qu'aujourd'hui des mdecins prposs la constatation des miracles, et dont la bonne foi n'est pas en cause, semblent ports reconnatre que la gurison subite des paralysies ou des convulsions n'a rien qui sorte du domaine des lois naturelles. Ils s'appliquent montrer que des tumeurs, des ulcres parmi les plus rebelles, sont, par contre, monnaie courante dans le domaine de la thrapeutique miraculeuse. Je ne le nie pas: je pense comme eux que la faith-healing peut directement faire disparatre, dans certains cas, des ulcres et des tumeurs, mais je crois aussi que les lsions de ce groupe sont, malgr leur apparence contraire, de la mme nature, de la mme essence que les paralysies dont je parlais tout l'heure.
La gurison plus ou moins soudaine des convulsions et des paralysies tait autrefois considre comme un miracle thrapeutique du meilleur aloi. La science ayant dmontr que ces phnomnes taient d'origine hystrique, c'est--dire non organiques, purement dynamiques, la gurison miraculeuse n'existerait plus en pareille matire.
Pourquoi cela ? Et s'il tait dmontr encore que ces tumeurs et ces ulcres autour desquels on mne tant de bruit sont aussi de nature hystrique, justiciables eux aussi de la mme faith-healing que les convulsions et les paralysies, c'en serait donc fini du miracle.
Pourquoi jeter tant de dfis la face de la science, qui finit, en somme, par avoir le dernier mot en toutes choses!
Il est beaucoup plus simple de constater que la thrapeutique miraculeuse et la science ont subi une volution parallle. La faith-healing religieuse et laque ne pouvant tre ddouble, c'est la mme opration crbrale produisant des effets identiques. La science qui volue n'a pas la prtention de tout expliquer; elle nierait ainsi sa propre volution. Elle donne son interprtation rationnelle au fur et mesure de ses dcouvertes, et voil tout! Dans tous les cas, elle est l'ennemie des ngations systmatiques que ses lendemains font vanouir la lumire de ses nouvelles conqutes. Je crois que son volution n'est pas reste en arrire de celle du miracle ; que de tout temps, la faith-healing a fait disparatre par son seul pouvoir des tumeurs et des ulcres de certaine nature. En pareille matire, l'ignorance tenait ce qu'on n'avait pas saisi le secret de son mcanisme. Bien que nous ignorions encore beaucoup de choses, je constate que nous sommes aujourd'hui plus avancs dans cette voie de l'interprtation scientifique, et je prvois le jour, plus ou moins loign cependant encore, o l'vidente ralit des faits ne trouvera plus de contradicteurs. tudions maintenant les lments du dterminisme de la faith-healing.
C'est surtout dans les sanctuaires religieux que la faith-healing a trouv s'exercer. De tout temps il a exist des thaumaturges, depuis Simon le magicien jusqu'au prince de Hohenlohe au commencement du sicle, en passant par le diacre Paris, qui ont eu le don de faire des gurisons dites miraculeuses, c'est--dire d'inspirer la faith-healing. Ces thaumaturges, tant souvent eux-mmes des religieux, ont fond des sanctuaires, et sur leurs tombeaux se sont multiplis les miracles qu'ils faisaient pendant leur vie. Il est en effet trs digne de remarque que, dans les sanctuaires religieux, ce n'est pas la divinit elle-mme qu'on intercde, c'est son prophte ou ses disciples. C'est presque toujours un simple mortel qui, pendant sa vie, a gagn lui-mme sa batification en faisant des miracles. Il est mme curieux de constater que certains de ces thaumaturges taient atteints de la maladie dont ils vont dsormais gurir les manifestations : saint Franois d'Assise, sainte Thrse, dont les sanctuaires viennent au premier rang parmi ceux o se produisent des miracles, taient eux-mmes des hystriques indniables.
La faon dont s'est form le sanctuaire importe peu ; ce qui est surtout intressant tudier au point de vue du dterminisme du miracle, c'est le sanctuaire lui-mme. Et ce dterminisme devient frappant lorsqu'on constate que les sanctuaires se ressemblent tous, sont tous couls dans le mme moule. Ils sont rests les mmes depuis les temps les plus reculs de l'histoire jusqu' nos jours, se copiant pour ainsi dire les uns les autres. C'est dire dj qu' travers les ges, parmi les civilisations les plus diverses, au milieu des religions les plus dissemblables en apparence, les conditions du miracle sont restes identiques, ses lois d'volution tant immuables.
tudions, par exemple, l'Asclpieion d'Athnes [4], fils direct des sanctuaires de l'ancienne gypte, puisque, mme dans l'Asclpieion, le dieu gurisseur revt souvent les traits de Srapis, le thaumaturge des Pharaons. Au fond du sanctuaire, la statue miraculeuse: parmi les serviteurs du temple, des prtres-mdecins chargs de constater ou d'aider les gurisons; c'est le bureau mdical que les sanctuaires d'aujourd'hui ne manquent pas de s'attacher lorsqu'ils ont une certaine importance.
Nous trouvons encore sous les portiques de l'Asclpieion une classe de personnages trs singuliers: ce sont les intercesseurs, ceux qui font mtier, dans diverses villes, de se rendre prs du dieu gurisseur pour implorer sa protection aux lieu et place de leurs clients.
Dans tout le Poitou, il existe une catgorie de vieilles femmes qui ont pour mtier ordinaire d'aller ainsi intercder prs du tombeau miraculeux de sainte Radegonde pour ceux qui, anims de la faith-healing, ne peuvent ou ne veulent pas se dplacer.
Laissons l ces intermdiaires pour ne considrer que les seuls suppliants venus pour eux-mmes. De tous les dmes de la Grce, ceux qu'anime la faith-healing s'acheminent vers le sanctuaire pour obtenir la gurison de leurs maux. Ds leur arrive, afin de rendre le dieu favorable, ils dposent sur l'autel de riches prsents et se plongent dans la fontaine purificatrice qui coule dans le temple d'Esculape.
Par Zeus! s'crie la bonne femme laquelle Carion, le valet de la comdie d'Aristophane, raconte les aventures allgoriques de Ploutos, le beau bonheur pour un vieillard que d'tre tremp dans l'eau froide!
Les sicles ont pass, mais la source sacre coule toujours.
Aprs ces prliminaires, les suppliants sont admis passer la nuit sous les portiques du temple. C'est lincubation qui commence, neuvaine propitiatoire, pendant laquelle la faith-healing s'exalte de plus en plus, par auto-suggestion, par contagion de voisinage, sorte d'entranement inconscient, et alors le miracle se produit... s'il y a lieu.
Ceux qui trouvaient la gurison dans l'Asclpieion ornaient les parois du temple d'hymnes votives et surtout de bras, de jambes, de cous, de seins en matire plus ou moins prcieuse, objets reprsentatifs de la partie du corps qui avait t gurie par intervention miraculeuse. Les sanctuaires d'aujourd'hui sont toujours orns de ces ex-voto gravs sur le marbre ; et la porte, mille marchands, comme autrefois Athnes, vendent des bras, des mains, des petits enfants de cire qui orneront les abords du tombeau du saint ou les parois de la grotte. Le rosaire de la neuvaine pendant laquelle la foi s'exalte, rappelle le chapelet du musulman qui s'incline devant le spulcre du marabout vnr.
La mise en uvre de la faith-healing a donc, dans tous les temps, sous toutes les latitudes, chez les paens, les chrtiens, comme chez les musulmans, revtu le mme caractre. Les sanctuaires et les pratiques propitiatoires sont analogues. Les statues du dieu gurisseur seules diffrent, mais l'esprit humain, toujours lui-mme, dans ses grandes manifestations, les confond dans une mme vocation.
D'une faon gnrale, la faith-healing ne se dveloppe pas spontanment dans toute son intensit curatrice.
Un malade entend dire que dans un tel sanctuaire il se produit des gurisons miraculeuses : il est bien rare qu'il s'y rende immdiatement. Mille difficults matrielles mettent un obstacle au moins temporaire son dplacement : il n'est pas commode un paralytique ou un aveugle, quelque fortune qu'il possde, de s'embarquer pour un long voyage. Il interroge son entourage, demande des renseignements circonstancis sur les cures merveilleuses dont le bruit lui est parvenu. Il n'entend que des paroles encourageantes non seulement manes de son entourage direct, mais souvent encore de son mdecin. Celui-ci ne veut pas enlever son malade un dernier espoir, surtout s'il juge que la maladie de son client est justiciable de la faith-healing qu'il n'a pas su lui-mme inspirer. La contradiction dans la circonstance n'aurait, du reste, d'autre effet que d'exalter la croyance la possibilit d'une gurison miraculeuse. La failh-healing commence natre, elle se dveloppe de plus en plus, l'incubation la prpare, le plerinage accomplir devient une ide fixe. Les dshrits de la fortune se mortifient en sollicitant des aumnes qui leur permettront de gagner le lieu saint ; les riches deviennent gnreux vis--vis des pauvres afin de se rendre la divinit propice : tous prient avec ferveur et implorent leur gurison. Dans ces conditions, l'tat mental ne tarde pas dominer l'tat physique. Le corps rompu par une route fatigante, les malades arrivent au sanctuaire l'esprit minemment suggestionn. L'esprit de la malade, a dit Barwell [5], tant domin par la ferme conviction qu'elle doit gurir, elle gurira immanquablement. Un dernier effort : une ablution dans la piscine, une dernire prire plus fervente, aide par les entranements du culte extrieur, et la faith-healing produit l'effet dsir ; la gurison miraculeuse devient une ralit.
Quels sont les effets directs de la faith-healing ? Quelles sont les maladies dans lesquelles elle produit des effets curatifs incontestables ? Interrogeons pour rpondre les documents que nous trouvons dans les sanctuaires eux-mmes.
J'ai parl, il n'y a qu'un instant, des ex-voto symboliques que les malades guris suspendaient aux murailles de l'Asclpieion, et qu'on retrouve aujourd'hui toujours les mmes dans les sanctuaires les plus vnrs. Ces bras, ces jambes de marbre ou de cire sont des reprsentations imparfaites de la ralit, car un bras peut tre atteint de vingt maladies diffrentes, et c'est toujours le mme membre, la mme forme traditionnelle que l'on dcouvre dans les fouilles ou qu'on contemple dans les sanctuaires d'aujourd'hui. Combien la figuration directe, relle de la maladie et t plus instructive! Une seule fois j'ai rencontr cette reprsentation d'une maladie qui avait t l'objet d'un miracle thrapeutique. Je visitais un sanctuaire vnr du midi de la France, dans la Camargue, l'glise des Saintes-Maries. Parmi les ex-voto, je distinguai le moule en pltre du membre infrieur d'une jeune fille d'une douzaine d'annes atteinte de pied bot. Ce moule reproduisait exactement la figure bien connue de la contracture hystrique du membre infrieur. La gurison s'tait opre rapidement, et ct du moule se trouvait la photographie de la jeune fille, droite sur sa jambe, dsormais dbarrasse de sa contracture. part cet exemple particulier, l'art du modeleur l'usage des sanctuaires ne nous apprend rien de prcis sur les maladies qui s'y gurissent sous l'influence de la faith-healing.
Mais il est d'autres documents figurs qui vont nous tre d'un grand secours. Les travaux de M. Paul Girard, ancien lve de l'cole d'Athnes, nous ont appris que les murailles de l'Asclpieion taient couvertes de peintures votives reprsentant, pour une partie tout au moins, les gurisons miraculeuses qui s'taient opres dans le lieu saint. Ces peintures n'ont pas, comme les ex-voto de mtal ou de marbre, rsist l'action du temps, mais nous les retrouvons ornant les sanctuaires plus modernes ou illustrant les ouvrages qui en sont les annales. Nous pouvons donc raisonner par analogie. On trouvera de nombreuses reproductions de ces uvres du Moyen ge et de la Renaissance dans le livre que j'ai publi en collaboration avec M. Paul Richer sur les Dmoniaques dans l'art.
Ces reproductions d'une gurison miraculeuse se ressemblent toutes avec les variations que le gnie particulier de l'artiste leur a imprimes : il s'agit presque toujours, sinon toujours, de la gurison de malades convulsionnaires. La reprsentation est identique dans l'vangliaire de la bibliothque de Ravenne, qui date du VI de notre re, sur la porte de bronze de Saint-Znon, Vrone (XI sicle), ou dans les tableaux de Rubens ou de Jordaens, qui ornent les sanctuaires religieux ou les muses particuliers ou publics, qui les ont tirs le plus souvent de ces sanctuaires. L'unanimit de ces documents est remarquable. Saint Nil, saint Dominique, saint Ignace, saint Martin, ont exerc avec un ensemble frappant leur pouvoir miraculeux pour faire cesser des convulsions dont l'origine hystrique est indubitable.
Mais l'influence de la failh-healing ne s'exerce-t-elle que sur les convulsions hystriques? Certainement non. Les autres manifestations, si nombreuses, de la nvrose en sont galement tributaires, et nous en trouvons la preuve la fois dans les documents figurs et dans les documents crits.
Au XIII sicle, dans la basilique de Saint-Denis, le tombeau de saint Louis devint un lieu de plerinage trs frquent ; il se produisit de nombreux miracles son contact. Littr nous les a fait connatre et il en a donn l'interprtation dans la Philosophie positive [6]. Il s'agissait l, trs certainement, de contractures hystriques.
A une poque plus rcente, au XVIII sicle, le document figur s'est associ au document crit, et l'ouvrage de Carr de Montgeron, dont les planches graves d'aprs nature, reprsentent nombre de gurisons miraculeuses, est une mine toujours prcieuse consulter. Nous y trouvons l'histoire illustre de la gurison miraculeuse de la demoiselle Fourcroy et de Marie-Anne Couronneau, atteintes de paralysie et de contracture hystriques. Je prends ces deux faits au hasard parmi les nombreux cas dont Carr de Montgeron a donn la relation : ils se ressemblent tous. A ceux qui me reprocheraient de toujours parler d'hystrie, et avant de m'expliquer plus compltement ce sujet, je rpondrai par ce mot de Molire: Je dis la mme chose, parce que c'est toujours la mme chose; je constate, et rien de plus.
Mais, me rpondra-t-on, les mdecins qui aujourd'hui, - comme autrefois dans l'Asclpieion, -sont chargs de constater les miracles oprs dans les sanctuaires, prtendent que la gurison des convulsions, des contractures et des paralysies d'origine hystrique, est d'un ordre trop naturel pour justifier une intervention miraculeuse. Ils connaissent, eux aussi, l'influence de l'esprit sur le corps, et la disparition spontane des paralysies hystriques ne vaut pas qu'on fasse appel une force surnaturelle. C'est des tumeurs, des plaies, que s'adresse maintenant l'eau de la piscine ; elle gurit soudainement les ulcres les plus rebelles; dira-t-on encore qu'ils taient ns sous l'influence de la nvrose?
L'volution de nos donnes scientifiques me permet d'tre, sur la question de fait, entirement de l'avis des mdecins des sanctuaires: certaines tumeurs ou certains ulcres sont justiciables de la faith-healing, qui prend sa source dans les eaux de la piscine sacre.
Croit-on que ce soient l des faits nouveaux? De tout temps la faith-healing a guri des tumeurs et des ulcres, et j'ajoute que, comme aujourd'hui, cette gurison s'est effectue dans des conditions parfaitement dtermines dont il nous est actuellement possible de donner le plus souvent une exacte analyse. Qu'il me soit permis d'en citer un exemple.
La bibliothque de Ravenne, qui date du VI de notre re, sur la porte de bronze de Saint-Znon, Vrone (XI sicle), ou dans les tableaux de Rubens ou de Jordaens, qui ornent les sanctuaires religieux ou les muses particuliers ou publics, qui les ont tirs le plus souvent de ces sanctuaires. L'unanimit de ces documents est remarquable. Saint Nil, saint Dominique, saint Ignace, saint Martin, ont exerc avec un ensemble frappant leur pouvoir miraculeux pour faire cesser des convulsions dont l'origine hystrique est indubitable.
Mais l'influence de la failh-healing ne s'exerce-t-elle que sur les convulsions hystriques? Certainement non. Les autres manifestations, si nombreuses, de la nvrose en sont galement tributaires, et nous en trouvons la preuve la fois dans les documents figurs et dans les documents crits.
Au XIII sicle, dans la basilique de Saint-Denis, le tombeau de saint Louis devint un lieu de plerinage trs frquent ; il se produisit de nombreux miracles son contact. Littr nous les a fait connatre et il en a donn l'interprtation dans la Philosophie positive (6). Il s'agissait l, trs certainement, de contractures hystriques.
A une poque plus rcente, au XVIII sicle, le document figur s'est associ au document crit, et l'ouvrage de Carr de Montgeron, dont les planches graves d'aprs nature, reprsentent nombre de gurisons miraculeuses, est une mine toujours prcieuse consulter. Nous y trouvons l'histoire illustre de la gurison miraculeuse de la demoiselle Fourcroy et de Marie-Anne Couronneau, atteintes de paralysie et de contracture hystriques. Je prends ces deux faits au hasard parmi les nombreux cas dont Carr de Montgeron a donn la relation: ils se ressemblent tous. A ceux qui me reprocheraient de toujours parler d'hystrie, et avant de m'expliquer plus compltement ce sujet, je rpondrai par ce mot de Molire: Je dis la mme chose, parce que c'est toujours la mme chose; je constate, et rien de plus.
Mais, me rpondra-t-on, les mdecins qui aujourd'hui, - comme autrefois dans l'Asclpieion, -sont chargs de constater les miracles oprs dans les sanctuaires, prtendent que la gurison des convulsions, des contractures et des paralysies d'origine hystrique, est d'un ordre trop naturel pour justifier une intervention miraculeuse. Ils connaissent, eux aussi, l'influence de l'esprit sur le corps, et la disparition spontane des paralysies hystriques ne vaut pas qu'on fasse appel une force surnaturelle. C'est des tumeurs, des plaies, que s'adresse maintenant l'eau de la piscine ; elle gurit soudainement les ulcres les plus rebelles; dira-t-on encore qu'ils taient ns sous l'influence de la nvrose?
L'volution de nos donnes scientifiques me permet d'tre, sur la question de fait, entirement de l'avis des mdecins des sanctuaires: certaines tumeurs ou certains ulcres sont justiciables de la faith-healing, qui prend sa source dans les eaux de la piscine sacre.
Croit-on que ce soient l des faits nouveaux? De tout temps la faith-healing a guri des tumeurs et des ulcres, et j'ajoute que, comme aujourd'hui, cette gurison s'est effectue dans des conditions parfaitement dtermines dont il nous est actuellement possible de donner le plus souvent une exacte analyse. Qu'il me soit permis d'en citer un exemple.
Qu'on veuille bien se reporter la gurison miraculeuse opre sur la demoiselle Coirin, dont Carr de Montgeron nous a donn la description et la reprsentation figure [7].
Au mois de semptembre 1716, la demoiselle Coirin, alors ge de trente et un ans, fit coup sur coup deux chutes de cheval: la seconde fois, elle tomba sur le ct gauche de l'estomac qui porte plomb sur un tas de pierres, ce qui lui cause une douleur si vive qu'elle en reste vanouie.
Au bout de quarante jours, elle est prise de vomissements de sang qui se rptent frquemment et s'accompagnent de foiblesse.
Dans une de ces foiblesses, qui lui arriva trois mois aprs sa chute, comme on lui mettoit des linges sur l'estomac, on s'aperut qu'elle avoit le sein du ct gauche extrmement dur, enfl et tout violet. Le chirurgien du pays, nomm Antoine Paysant, ayant t consult et ayant examin son sein, dcouvrit qu'elle avoit une grosse glande qui s'tendoit jusque sous l'aisselle du bras en arrire et une espce de grosse corde de la largeur de trois doigts qui gagnoit jusqu'au bout du sein. Ce chirurgien lui donna des cataplasmes, lesquels lui faisoient distiller une quantit considrable de sang par le bout du sein sans la gurir ni mme la soulager, son sein lui faisant toujours de la douleur et tant de plus en plus dur.
...On s'aperut qu'elle avoit un cancer au sein du ct gauche, la mamelle de ce ct tant devenue grosse comme la tte, excessivement dure et toute emflamme.
Ceci se passait en 1716. Cependant l'humeur tranchante et corrosive du cancer faisoit toujours de funestes progrs, qui clatrent enfin de la manire la plus affreuse vers la fin de l'anne 1719.
Un tmoin oculaire, Anne Giroux, nous apprend qu'il lui vint une petite ouverture de pourriture au-dessous du sein et de la mamelle gauche ; que cette ouverture augmenta toujours de plus en plus, gagnant tout autour du bout du sein, et qu'elle le cerna en peu de jours, de faon que le bout de ce sein tomba en un morceau. Elle ajoute qu'elle a vu le bout de ce sein dtach de la mamelle, qu'on le garda trois jours sur une serviette pour le montrer aux chirurgiens qui avoient soin de ladite demoiselle, et qu'elle avoit ou qu'il y avoit la place de ce bout un trou un peu plus large qu'une pice de douze sols qui paroissoit assez profond, et dont il sortait sans cesse une eau qui puoit comme une charrogne.
En 1720, deux chirurgiens proposrent l'amputation du sein, mais la mre de la demoiselle Coirin refusa de consentir l'opration, celle-ci ne devant tre que palliative, puisque la maladie cancreuse tait dclare incurable. Puisque sa fille n'toit pas sre de gurir par cette opration, elle toit bien aise de la lui pargner, et mourir pour mourir, il falloit autant qu'elle ne souffrt pas.
Ajoutons que, ds 1718, la malade avait t frappe tout d'un coup, pendant la nuit, d'une paralysie de tout le ct gauche.
II lui prit un engourdissement dans le bras gauche qui, la nuit, dgnra en paralysie qui lui ta tout l'usage de tout le ct gauche; depuis ce tems, il lui a t impossible de faire aucun mouvement de son bras ni de sa main gauche, qui demeurrent en tout tems froids comme de la glace, et ne pouvoit les changer de place qu'en les prenant avec son bras droit, en poussant sa jambe gauche avec sa droite, ce qui est rest ainsi jusqu' la nuit du 11 au 12 aot 1731. Que mme sa cuisse et sa jambe se retirrent de faon qu'elle avoit un creux au-dessous de la hanche assez profond pour y pouvoir mettre le poing, et que comme les nerfs de la jambe s'toient retirs, cette jambe paroissoit considrablement plus courte que l'autre... Sa jambe gauche toit toute retire en arrire et comme recoquille, et qu'elle toit ple, toute dessche, froide comme de la glace, mme dans le plus chaud de l't.
Le 9 aot 1731, elle s'adresse une vertueuse femme de Nanterre, la charge de dire pour elle une neuvaine au tombeau du bienheureux Franois de Pris, d'y faire toucher une chemise et de lui apporter de la terre prise auprs du spulcre. Le lendemain 10, la pieuse femme se rend Saint-Mdard...
Le soir du lendemain 11 aot, peine la moribonde s'est fait mettre la chemise qu'avoit touche le prcieux tombeau qu'elle prouve l'instant la vertu bienfaisante qu'elle y avoit puise. Force de par sa paralysie de se tenir constamment sur le dos, elle se retourna elle-mme dans son lit.
Le lendemain 12, elle s'empresse d'appliquer elle-mme sur son cancer la prcieuse terre, et aussitt elle remarque avec admiration que le trou profond de son sein, d'o sortoit sans cesse depuis douze ans un pus corrompu et infect, s'toit sch sur-le-champ et commenoit se refermer et gurir.
La nuit suivante, nouveau prodige. Les membres paralytiques qui depuis tant d'annes reprsentoient les membres d'un corps mort par leur froid glaant, leurs marques affreuses et leur raccourcissement hideux, se raniment tout coup; dj son bras a repris la vie, la chaleur et le mouvement; sa jambe retire et dessche se dploie et s'allonge; dj le creux de sa hanche se remplit et disparat; elle essaye si elle pourra ds ce premier jour se servir de ces membres nouvellement rappels la vie, mais dont la maigreur porte encore la livre de la mort; elle se lve seule, elle se soutient sur le bout du pied de cette jambe qui depuis si longtemps toit beaucoup plus courte que l'autre; elle se sert aisment de son bras gauche, elle s'habille et se coiffe avec ses mains.
Le miracle tait consomm : toutefois, il faut ajouter que la plaie du sein n'tait compltement cicatrise qu' la fin du mois; que le 24 septembre seulement, elle put sortir, et le 30 septembre monter en voiture.
J'avoue qu'il y a dix ans seulement l'interprtation de tous les lments de cette curieuse observation et offert bien des difficults ; la nature hystrique des vomissements sanglants, de la paralysie, n'et pas fait de doute, mais cette paralysie s'accompagnait d'atrophie. Eh bien, il est premptoirement dmontr aujourd'hui que l'atrophie musculaire accompagne assez souvent la paralysie ou la contracture hystrique pour qu'il ait t dj publi plus de vingt cas analogues celui de la demoiselle Coirin.
Mais, dira-t-on, le cancer du sein, ce cancer ulcr, tait-il aussi une manifestation hystrique? Parfaitement, pourvu que l'on veuille bien concder que le terme cancer ne doit pas tre pris ici au pied de la lettre et dans son acception histologique moderne. Les ulcrations persistantes de la peau ne sont pas rares dans la nvrose, tmoin les plaies de saint Franois d'Assise et les stigmates de Louise Lateau.
La demoiselle Coirin prsentait au niveau du sein ces phnomnes d'dme hystrique, mentionns pour la premire fois par l'illustre Sydenham, dme dur, dme bleu ou violac, comme je l'ai appel, et l'on sait aujourd'hui, aprs les travaux de M. le professeur Renaut [8], de Lyon, que l'dme, lorsqu'il est port un certain degr d'intensit, peut entraner avec lui des gangrnes cutanes dont les escarres laissent leur suite des ulcrations analogues celle qui avait dtruit le mamelon dans le cas prcit [9].
Je lisais dernirement un mmoire fort intressant du Dr Fowler [10]. On y trouvera l'expos de huit cas dans lesquels il existait dans le sein des tumeurs uniques ou multiples dpassant parfois le volume d'un uf de poule.
Plusieurs des malades consultrent des chirurgiens clbres ; la plupart de ceux-ci considrrent, parat-il, l'affection du sein comme tant de nature organique et proposrent l'ablation de l'organe. Or, le Dr Fowler, plus avis, soumit ses patientes, qui taient toutes hystriques, un traitement dont l'lment psychique fit pour ainsi dire tous les frais, et les tumeurs qu'on avait juges justiciables de l'instrument tranchant disparurent sans trop tarder. Si, munies des consultations concluant une noplasie, un cancer peut-tre, elles s'taient rendues un sanctuaire, comment rvoquer en doute qu'elles eussent t guries d'une maladie rpute incurable ? Le Dr Fowler connaissait bien chez ses malades l'influence de la faith-healing, car il nous dit en toutes lettres, en parlant de l'une d'elles, et il en tait probablement ainsi des autres : Like all women of similar temperament, she had a fetich-like-faith in her regular medical attendant [11].
Ces cas et aussi tous les autres montrent bien que la gurison dite ou non surnaturelle survenue sous l'influence de la faith-healing obit des lois naturelles, et celles-ci sont encore plus videntes lorsqu'on pntre plus avant dans l'analyse des faits. C'est ainsi, par exemple, que dans tous les cas, la soudainet de la gurison est beaucoup plus apparente que relle.
Prenons pour exemple la contracture hystrique. Sous l'influence de la faith-healing ou de toute autre cause plus ou moins rpute miraculeuse, la rigidit cesse, les muscles sont aptes de nouveau entrer en action. A ce moment et les jours qui suivent, l'examen attentif montre qu'il persiste dans le membre qui a t contractur des troubles de la sensibilit, de l'exagration des rflexes tendineux, compagnons ordinaires de la contracture. C'est une loi physiologique que ces phnomnes ne disparaissent pas immdiatement, et que tant qu'ils persistent, ainsi que je l'ai bien souvent montr ma Clinique, on peut toujours redouter un retour offensif de la paralysie ou de la contracture. Ces phnomnes, on ne songe pas les chercher dans les sanctuaires, mais je les ai souvent nots chez les malades guris dans un lieu saint comme chez ceux dont la gurison avait t obtenue la Salptrire: les diffrences ne sont pas dans les faits eux-mmes, mais dans l'interprtation qu'on en donne.
A plus forte raison ce dterminisme est-il encore plus vident lorsque la paralysie s'accompagne d'atrophie, lorsque l'dme produit de la gangrne cutane, tous phnomnes dont l'volution est apprciable pour les observateurs les moins expriments.
A ce propos, revenons la demoiselle Coirin. Sous l'influence psychique dtermine par l'application de la chemise qui a touch au tombeau du diacre Pris, l'dme, trouble vaso-moteur, a disparu presque immdiatement, le sein a repris son volume normal. Il n'y a dans ce fait rien qui puisse nous tonner, puisque nous savons avec quelle rapidit peuvent apparatre et disparatre les troubles circulatoires. L'dme n'existant plus, les conditions locales de la nutrition des tissus sont heureusement modifies, la plaie du sein va pouvoir se cicatriser en vertu de lois physiologiques aussi bien connues que celles qui prcdemment avaient prsid l'apparition de la gangrne. Mais la cicatrisation complte demande un temps normal, suffisant pour s'effectuer, et ce n'est en effet que quinze jours plus tard que la peau de l'organe est devenue lisse, indemne de toute ulcration en voie de cicatrisation.
L'lment contracture ou paralysie peut apparatre ou disparatre soudainement. C'est un fait bien connu qu'une violente motion nous cloue au sol sans que nous puissions mouvoir nos membres. Lorsque l'influx moteur parti du cerveau s'est rtabli, nous sommes aptes marcher de nouveau. Mais si, pendant cette paralysie, les muscles se sont atrophis, le membre ne reprendra sa force et son volume que lorsque les faisceaux musculaires se seront rgnrs, et cette rgnration, laquelle prsident aussi des lois physiques, demande un temps suffisant pour s'accomplir. C'est encore l le cas de la demoiselle Coirin qui ne peut se servir de sa jambe atrophie pour monter en voiture, que vingt jours aprs sa gurison qualifie de soudaine.
C'est encore le cas de Philippe Sergent rapport par Carr de Montgeron. Le 10 juillet 1730, troisime jour de sa neuvaine au tombeau du diacre Pris, il est guri d'une contracture des membres du ct droit avec atrophie. Mais, dit explicitement le narrateur, sa main, sa cuisse et sa jambe droites ne rengraissrent pas dans le moment, mais elles reprirent seulement couleur de chair , tant atteintes, comme chez la demoiselle Coirin, de l'dme bleu hystrique. L'atrophie n'a pu chapper la loi physiologique de la rgnration musculaire.
De tout cela, je ne parle point sans pouvoir invoquer une exprience un peu particulire. J'ai vu revenir de sanctuaires en vogue des malades qui y avaient t envoys avec mon consentement, n'ayant pu moi-mme leur inspirer la faith-healing. J'ai examin leurs membres atteints quelques jours auparavant de paralysie ou de contracture, et j'ai assist la disparition graduelle des stigmates sensitifs locaux qui persistent presque toujours quelque temps encore aprs la gurison de l'lment paralysie ou contracture [12].
V
En rsum, je crois que, pour qu'elle trouve s'exercer, il faut la faith-healing des sujets spciaux et des maladies spciales, de celles qui sont justiciables de l'influence que l'esprit possde sur le corps. Les hystriques prsentent un tat mental minemment favorable au dveloppement de la faith-healing, car ils sont suggestibles au premier chef, soit que la suggestion s'exerce par des influences extrieures, soit surtout qu'ils puisent en eux-mmes les lments si puissants de l'auto-suggestion. Chez ces individus, hommes ou femmes, l'influence de l'esprit sur le corps est assez efficace pour produire la gurison de maladies que l'ignorance, o on tait il n'y a pas longtemps encore, de leur nature vritable faisait considrer comme incurables. Tels ces faits de troubles trophiques d'origine hystrique qu'on commence bien connatre : atrophie musculaire, dme, tumeurs avec ulcrations. Quand on entendra dsormais parler d'une gurison soudaine, dans un sanctuaire, de cancer ulcr du sein, qu'on se souvienne du cas de la demoiselle Coirin et qu'on se rappelle les faits d'observation toute moderne du Dr Fowler.
Est-ce dire que, ds prsent, nous connaissions tout dans ce domaine du surnaturel tributaire au premier chef de la faith-healing et qui voit tous les jours ses frontires se rtrcir sous l'influence des acquisitions scientifiques? Certainement non. Il faut, tout en cherchant toujours, savoir attendre. Je suis le premier reconnatre qu'aujourd'hui:
[1] Le voyage d'un littrateur clbre un sanctuaire religieux est celui que Zola fit Lourdes (cf. E. Zola, les Trois Villes. Lourdes. Charpentier et Fasquelle, Paris 1894).
Les termes faith-healing (gurison par la foi) et faith-cure (qui constitue le titre anglais du texte de Charcot) faisaient partie du vocabulaire courant. Ils sont l'objet d'articles spcifiques dans le Century Dictionary de W.D. Whitney (Londres/New York 1889, t. III, p. 2122). La faith-cure y est dfinie tant du point de vue de la religion ( A faith-cure is a cure wrought by God in answer to prayer, without any other means ) que d'un point de vue plus positif ( A bodily cure effected or supposed to be effected by prayer made with belief). Chez Tuke (le Corps et l'Esprit, 1872, traduit en 1886), le mot faith est souvent juxtapos celui d`imagination: Personne, croyons-nous, ne conteste que l'imagination et la confiance exercent de l'influence sur les maladies (p. 380). C'est d'ailleurs Charcot que Tuke dans le mme ouvrage se rfre, propos de la question des miracles thrapeutiques (id. pp. 318-322).
La Foi qui gurit a connu quatre ditions. La premire dans la Revue hebdomadaire, t. VII, dcembre 1892, pp. 112-132. Le texte anglais ne parat qu'en janvier 1893 (The New Review, t. VIII, no 44, pp. 18-31). Une troisime publication se trouve dans les Archives de neurologie (t. XXV, n 73, janvier 1893, pp. 72-87). Enfin, l'article de Charcot parat en ouvrage aprs sa mort, comme huitime volume de la Bibliothque diabolique dirige par Bourneville (Progrs mdical/Flix Alcan, Paris 1897, VIII-38 pp.). Celui-ci crit une brve prface, o l'on peut lire: Dans la Foi qui gurit, M. Charcot a fait en quelque sorte la synthse de son enseignement au sujet des cas rputs miraculeux, appartenant au domaine de l'hystrie. Son expos rigoureux, bas sur une tude approfondie de faits irrfutables, est de nature convaincre les plus difficiles. Tout commentaire nous parat inutile. Aussi nous bornerons-nous, en terminant, remercier Mme Charcot d'avoir bien voulu autoriser la rimpression, pour la Bibliothque diabolique, de l'un des derniers travaux de notre illustre Matre, o se retrouve un haut degr l'empreinte de son gnie scientifique . [NDE]
[2] Illustrations of the Influence of the Mind upon the Body in Health and Disease designed to Elucidate the Action of the Imagination. London, Churchill, 1872.
[3] Remarks on paralysis and other disorders of motion and sensation on idea, read to the medical section ofthe British medical Association, Leeds, july 1869, in British med. journ., novembre 1869.
[4] Cf. l'Asclpiion d'Athnes, d'aprs de rcentes dcouvertes, par Paul Girard. Paris 1881, E. Thorin dit.
[7] Carr de Montgeron. La Vrit des miracles oprs par M. de Paris et autres appelans, t. I, Cologne 1747. Septime dmonstration.
[8] Renaut. Sur une forme de gangrne successive et dissmine de la peau, l'urticaire gangrneuse (la Mdecine moderne, no 9, 20 fvrier 1890).
[9] On trouvera l'histoire complte de ces troubles trophiques dans le Trait clinique et thrapeutique de l'hystrie, de mon ancien chef de clinique, M. Gilles de la Tourette (t. I, Paris 1891 ; t. II, en prparation). Plon dit.
[10] Neurotic Tumours of the Breast, read before the New York Neurological Society, 7 january 1890. Medical Record, 15 february 1890, p. 179.
[11] Comme toutes les femmes de semblable temprament, elle avait une foi ftichiste en son mdecin ordinaire.